Projet d’aménagement hydraulique « AGRISIA »

Projet d’aménagement hydraulique « AGRISIA »

Ce projet consiste à réaliser dans une vallée montagneuse, désertique des aménagements hydrauliques permettant de collecter, stocker, et distribuer des quantités d’eaux importantes à partir d’un barrage inferoflux associé en contrebas à un grand réservoir REEPS qui stocke et protège de la chaleur et de l’évaporation les eaux de ruissellement collectées, et de distribuer à la demande ces eaux sur des zones de cultures aménagées à partir de réseaux enterrés en tuyauterie plastique.

La photo ci-dessus est une petite vallée dans les montagnes désertiques du Nord de Djibouti qui présente une zone intéressante similaire à certaines vallées dans le Sud de Madagascar, et qui peut être aménagée pour collecter de grandes quantités d’eaux de pluie afin de créer des nouvelles zones de culture avec le système d’irrigation gravitaire dénommé AGRISIA qui est l’acronyme de « Aménagement GRavitaire avec barrage Inferoflux, Stockage d’eau pour l’Irrigation et l’Alimentation »

Il faut construire dans l’Oued, un barrage de type inferoflux à un endroit adapté aux systèmes inferoflux avec une zone de sables et graviers importantes, et une largeur la plus petite possible, qui a ses fondations fixées sur le socle rocheux pour réduire les pertes dues au sous-écoulement et collecter une plus grande quantité d’eau.

Ce barrage doit avoir si possible une hauteur supérieure à 1m au-dessus du niveau sol (TN) de l’Oued, car chaque pluie va amener des graviers et sables et combler le barrage jusqu’à son niveau haut, de manière à former en amont du barrage un REEPS naturel, qui augmentera la capacité d’eau collectée.

Un réseau gravitaire (en rouge dans la photo) est aménagé entre le barrage inferoflux et un grand réservoir REEPS étanche construit avec un dénivelé de 5 à 20 m plus bas que le niveau bas du barrage de manière à remplir le REEPS avec les eaux de ruissellement retenu par le barrage et, aussi avec les eaux du sous-écoulement en amont du barrage.

Un réseau d’irrigation gravitaire (en bleu) sera construit enterrer entre le grand réservoir REEPS et la zone sélectionnée de culture irriguée.

Des vannes (protégées par des regards en béton) fermeront les 4 réseaux de distribution finaux, et l’amorçage  (écoulement) de ce réseau d’irrigation se fera par une pompe siphon qui aspirera au démarrage, et sans aucune dépense d’énergie (excepté l’amorçage manuelle), les eaux du REEPS vers la zone de culture (en vert) éliminant les efforts de transport d’eau.

Si le bassin versant est insuffisant ou si les utilisateurs souhaitent augmenter la capacité du système de collecte des eaux de pluie, il est toujours possible de construire un canal de 1m de large sur 50cm de profondeur à flanc de montagne et, avec une pente régulière de 4 à 7% permettant d’augmenter considérablement le bassin versant qui approvisionne le barrage, et donc d’augmenter la capacité de collecte d’eau  du système et la surface possible du culture.

Nous estimons qu’ un aménagement « AGRISIA » d’une petite vallée nécessiterait entre 350 et 500.000 Euro pour une durée de vie de 150 à 200 ans et, pour des surfaces irrigables de 5 à 30ha suffisant pour nourrir et pour abreuver 500 personnes et 3000 moutons/chèvres.

Le schéma / dessin ci-dessus détaille le principe de notre proposition d’aménagement inferoflux REEPS avec en haut la zone de captage limitée par le barrage suivie de la zone de stockage 5 à 20m plus bas et la zone de culture 5 à 100 m plus bas. Attention, plus les dénivelés sont importants entre les zones et plus fortes sont les pressions dans les tuyaux, ce qui accélère très sensiblement le vieillissement des équipements réseaux et vannes.

Une pluviométrie de 250 mm serait suffisante pour justifier ce type d’aménagement mais une mission d’études sur site doit être réalisée pour définir les volumes d’eau qu’il est possible de collecter, et dans déduire les surfaces agricoles qu’il sera possible d’irriguer.

Ce projet AGRISIA est surtout adapté à des zones montagneuses ou, et, sur des Oueds où il est possible de construire un barrage enterré (inferoflux). Il existe à Madagascar plusieurs sites adaptés à ce type d’aménagement qui doivent cumuler : un Oued ayant un grand bassin versant avec un rétrécissement de la vallée pour réduire le cout du barrage, et une vallée au sol fertile en contrebas pour l’écoulement gravitaire des eaux. Comme cette situation géographique n’est pas toujours possible, nous avons développé le projet ISAA qui utilise à la place d’Oueds les milliers de « TANETY » et collines que l’on trouve partout dans le grand Ouest et sur les hauts plateaux de Madagascar qui reçoivent des précipitations supérieures à 1.000 mm par an ce qui garantit de pouvoir récupérer au minimum 6.000 m3 par ha et par an.

Projet d’aménagement hydraulique « ISAA »

Le projet d’aménagement hydraulique dénommé ISAA prévoit d’utiliser les immenses surfaces naturelles des « TANETY » (colline), et petites montagnes rocheuses  comme impluviums géant grâce à leur sol présentant une faible porosité.

La photo détaillée ci-dessous montre un relief rocheux qui garantira à chaque pluie des milliers de m3 d’eaux de pluie qu’il suffit de canaliser par des petits canaux creusés à même le sol latéritique de quelques dizaines de centimètres de largeur et de profondeur pour envoyer ces eaux collectées et canalisées vers des réservoirs creusés dans la partie basse des « TANETY » et montagnes.

Avec le creusement des canaux, il convient aussi de creuser des réservoirs de grandes capacités pour stocker en hauteur et au-dessus des cultures, ces eaux de ruissellement avec en amont un système de dessablage et de débourbage pour réduire l’encrassement des réservoirs par les boues, sables, et graviers qui pourront être ultérieurement utilisés sur les cultures (boues / alluvion)  ou pour la construction de nouveaux réservoirs (sable, gravier).

Le schéma repris ci-dessous détaille le principe du projet ISAA qui utilise 80% de la surface des « TANETY » et montagnes comme impluvium naturel sans aménagement couteux, excepté les canaux de ruissellement qu’il faudra creuser.

Les surfaces prises en compte dans le projet ISAA varient entre 10 et 100 ha, ce qui garantit la possibilité de collecter tous les ans sur 60% du territoire de Madagascar des volumes de 60.000 à 600.000 m3 par an.

Les réservoirs seront construits le plus bas possible pour augmenter la surface de collecte mais avec un dénivelé d’au moins 10 m pour distribuer l’eau collectée sur les cultures sans aucune pompe et uniquement par gravité, et avec des pressions hydrauliques limitées à 1 bar.

Le cout le plus important du projet ISAA reste bien évidement la construction des réservoirs en bas des reliefs, et  nous prévoyons trois (3) techniques différentes de construction des réservoirs suivant la présence ou non de sable dans la région immédiate et de partie rocheuse sur la « TANETY »

Ces réservoirs sont les plus économiques à construire à condition que l’on trouve du sable de rivière ou des graviers à proximité, et ils auront une durée de vie supérieure à 100 ans.

Ces réservoirs utiliseront les parties rocheuses naturelles existantes, et seront creusées directement dans le rocher de préférence calcaire mais techniquement possible dans du granite avec un coût de 30 à 50 % plus chère que le REEPS, mais avec une durée de vie qui devrait dépasser 1.000ans. Les rochers et granulats excavés pour le creusement du réservoir pourront être réutilisés efficacement en construisant un autre réservoir de type REEPS. Le détail des techniques de creusement sera détaillé ultérieurement.

Dans la mesure où il n’y a ni sable à proximité ni roche affleurant, nous avons prévu de construire des réservoirs sphériques creusés dans les sols latéritiques compacts avec un revêtement intérieur étanche en composite pour éviter l’effondrement de la cavité (creuser pour le réservoir) et bloquer toute infiltration dans le sol. Le détail des techniques de creusement et construction sera détaillé ultérieurement.

Le projet ISAA fonctionnera sur des reliefs rocheux (photo précédente) mais aussi sur des reliefs de collines sans partie rocheuse similaire aux « TANETY » que l’on trouve sur les hauts plateaux (photo ci-dessous) , et les réservoirs de stockage d’eau pourront être réalisés suivant les techniques REEPS ou GE (goutte d’eau).

On constate sur cette photo que l’essentiel des terrains ne sont pas exploités.

Le projet ISAA apportera les six (6) avantages suivant :

  • Il permettra d’irriguer et de cultiver des surfaces deux à trois fois supérieures à celles qui sont actuellement cultivées par les paysans.
  • Il réduira très sensiblement l’érosion et la création des « LAVAKA » que l’on observe sur presque tous les hauts plateaux
  • Il permettra de re-végétaliser les « TANETY », et d’apporter aux habitants après la cinquième année une source de biomasse (bois de cuisson) indispensable aux paysans
  • La végétalisation apportera des débits d’eau plus importants sur les sources naturelles qui affleurent souvent en bas des collines après la quatrième année de végétalisation grâce à une meilleure infiltration dans le sol des eaux de pluie, ce qui réduira certes les ruissellements, mais comme ils sont bien supérieurs aux capacités de stockages qui seront construites les volumes d’eau collectés dans les réservoirs ne changeront pas.
  • La biodiversité des végétaux, insectes, et micro-organisme augmenteras ce qui améliorera la pharmacopée naturelle qu’utilise 98 % des populations rurales.
  • Les feux de brousses seront réduits grâce à l’aménagement végétal des « TANETY », ce qui pourrait réduire les pestes et autres maladies saisonnières provoquées en partie par les feux.

Le projet ISAA nécessitera à chaque fois des choix techniques spécifiques aux reliefs et aux particularités de chaque site et imposera donc une étude détaillée en partenariat étroit avec les futurs bénéficiaires.

Malgré un fonctionnement sans aucun besoin d’énergie (fossile), le projet ISAA nécessitera une maintenance simple mais particulière qui devra être accepté, comprise et utilisé par les paysans bénéficiaires du projet.

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